mercredi 9 mars 2011

Murphy, sa loi et ce roman

La stratégie Bancroft
Robert Ludlum
Éditeur : Grasset
2009 – 504 pages
Roman de suspense

Vous savez à quoi vous attendre, non ?

Le héros, espion légendaire, aux réflexes foudroyants, à la capacité de déduction extra-sensorielle, maître de tous les trucs du métier, rompu aux formes de combat les plus diverses, tireur d’élite et fin psychologue, mais, qui, à toutes les trente pages, se fout dans la merde à cause d’une erreur de débutant ou d’une étourderie inexplicable. L’héroïne, une adorable futée, intelligente à faire baver, experte dans un domaine aussi tendance qu’obscur, mais poursuivie par une enfance trouble et qui ne cesse de se mettre les pieds dans les plats comme la dernière des gourdes.

Idem pour l’intrigue, dans le présent cas, le président d’une gigantesque organisation caritative tente de bouleverser l’équilibre géopolitique mondial au nom du bien et de la morale et Genesis, un mystérieux individu, s’acharne à le contrer. Le duo héroïque affronte donc l’un et l’autre, démasquant in extremis le vrai méchant dans une conclusion plus invraisemblable que surprenante.

Du long, l’auteur s’en donne à coeur joie, abusant du cliché et de la loi de Murphy (loi empirique énonçant qu’une chose qui peut mal tourner finira infailliblement par le faire). Il soumet ses protagonistes à un enchaînement de périls et d’embûches aussi affolants qu’invraisemblables. Il applique consciencieusement la règle d’or qui veut qu’on attribue à ces personnages les plus hautes valeurs morales, ainsi l’espion est un tueur implacable, néanmoins vertueux, il s’émeut chaque fois de la fin tragique qu’il vient d’infliger à sa victime.

Peut-être comme moi, avez-vous déjà lu ce bouquin. Produit d’une recette, manichéenne, efficace, celle d’une inexorable et angoissante mécanique pleine de rebondissements incroyables alors que dès la première page nous savons tout : le héros et l’héroïne baiseront, catharsis obligée du stress lié au danger et les bons (sentiments) triompheront.

Jadis, je me réservais Ludlum pour les vacances, en été sur le bord de la piscine ou l’hiver sous les palmiers. Mais depuis la mort de l’auteur en 2001, je n’étais pas parvenu au terme d’un ces livres achevés et publiés par des écrivains, de notoriété inégale, à partir de manuscrits embryonnaires laissés par Ludlum. Avec un piètre résultat si je me fie à ceux que j’ai tenté de lire et abandonnés en cours de route.

Mais pour celui-là, un cadeau reçu, j’ai persisté. D’autant plus que son nègre anonyme imite fort bien le style original et la manière du père de Jason Bourne. Toutefois, ça demeure un travail de copiste auquel je ne m’adonnerai plus... sauf peut-être pour le quatrième tome de la suite Bourne dont Éric Van Lustbader a accouché il y a quelque temps.

Que voulez-vous, on ne se refait pas et ça sera de nouveau les vacances, la chaleur, le farniente...

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