jeudi 28 octobre 2010

C’était l’été après tout

Les onze fils
Claude Vaillancourt
Éditions Triptyque
2000 – 625 pages
Roman québécois

À la recherche d’un peu de légèreté estivale, je me suis décidé à lire ce roman qui trainait dans ma bibliothèque depuis des lustres.

Son histoire est fournie, mais pas complexe. David Francoeur, le bâtisseur d’un empire médiatique décède et son testament ne peut-être lu tant que toute sa progéniture n’est pas réunie. Il est père de onze fils et, comme vous vous en doutez, la chose ne sera pas simple.

Dans le genre, c’est bien fait, mais sans surprises. On voit du pays, on rappelle des événements, on brosse un tableau, quoique superficiel, de l’évolution de la société québécoise. On y trouve de tout : l’origine obscure de la fortune familiale, des enfants ignorés, d’implacables jalousies fraternelles, des maîtresses nombreuses, la tentation incestueuse, le consigliere discret et indispensable, un fond de mystère permanent. Tout ce qu’il faut à un roman populaire.

Astuce intéressante, l’auteur, contournant la difficulté, développe son récit à même ses nombreux personnages. Douze personnages, douze chapitres qui se lisent comme autant de nouvelles et se fondent agréablement en un tout cohérent. Chacun y est bien typé, bien campé, en particulier sous l’angle de ses rapports avec frères et père, ces rapports constituant évidemment la pierre d’assise, le point d’ancrage de tout le roman. Le procédé est plutôt efficace, mais le résultat est un brin convenu.

Car on a lu ce livre déjà, plusieurs fois peut-être. La grande saga familiale, à la fois drame psychologique, tableau historique et fresque sociale. On l’a lu à la française, à la britannique, à l’américaine… Le voici donc à la québécoise, et malgré l’avertissement d’usage dans les œuvres de fiction, on ne peut s’empêcher de faire des rapprochements avec des entreprises médiatiques actuelles ou antérieures en raison du patronyme (1) retenu et de l’évocation du nom d’une salle de spectacles (2).

Finalement, je ne l’ai pas regretté, c’était l’été après tout. Avec une bière froide sous le parasol, j’y ai passé quelques bons moments ne déplorant qu’une chute pas tout à fait à la hauteur du reste.


Notes

1. Jacques Francoeur (1925-2005), propriétaire fondateur du groupe Unimédia (Le Soleil de Québec, Le Quotidien de Chicoutimi, Le Droit d’Ottawa).

2. Centre Pierre-Péladeau

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