mardi 21 décembre 2010

Le pouvoir d’un titre

Portrait d’un mari avec les cendres de sa femme
Pan Bouyoucas
Éditions Les Allusifs
2010 – 128 pages
Roman

Avant son décès, Alma confie à son mari le soin d’enterrer ses cendres à l’endroit où elle a touché au bonheur. Le voilà donc, l’urne entre les mains, il ignore encore qu’elle pourrait bien contenir « … les cendres de sa propre vie ».

Au lieu d’écouter son cœur et de la confier à ce jardin, dont l’entretien méticuleux la plongeait dans une grande quiétude, il cède à sa raison. Au moment où sa fille Mélissa lui cache un mal de vivre exacerbé par la mort de sa mère, il entreprend un étrange périple afin de trouver ce lieu si doux à sa chère Alma.

Le Dr Alexandre Maras mésestime le péril d’un tel plongeon dans le passé de sa conjointe, la comédienne Alma Joncas. Il sera donc entraîné dans un monde de faux-semblants, comme si le statut d’épouse d’Alma « n’était qu’un autre rôle qu’elle jouait ». Réalité ou imagination de sa part ? Cette suite de rencontres avec les membres de la famille, les amis et les camarades de scène de la disparue ébranlera ses convictions. Pendant ce temps, Mélissa s’engage sur un chemin trouble…

Ce titre me hurlait de le choisir. Il m’emballait, j’étais séduit par sa proposition, ses perspectives multiples. Fâcheusement, j’éprouvai de la déception après en avoir lu le premier tiers. Mes attentes gonflées par l’engouement spontané m’empêchaient-elles de rendre justice à ce drôle de bouquin ? Je l’ai posé là, un moment.

En le reprenant, j’y retrouvai du charme. Et surtout, je fus rallié par sa démonstration fondamentale : il est si facile de perdre de vue l’essentiel. Le Dr Maras cherche le bonheur d’une morte alors que son unique fille marche au bord du précipice.

Pour le reste, le bref développement romanesque n’est pas à la hauteur du génie de son titre. L’auteur nous propose une histoire courte au lieu d’une trop longue, j’apprécie. Toutefois, ses personnages sont minces, leur psychologie sommaire et l’ensemble manque de relief. Je n’y ai pas trouvé tout le plaisir anticipé. Juste une partie, suffisante cependant.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire